A propos de la peinture de Pascale Nectoux

«Couleur, ligne, plan, cadre... on cherchera en vain un terme possible du langage pictural qui ne soit, de manière pointée ou sous-tendue, exprimé par la peinture de Pascale Nectoux, encline à se définir comme une peinture qui interroge la peinture.
La couleur, d'abord, parle avec aplomb et affront.


Elle jubile, valse dans le tinctorial imprégné comme dans la fluorescence écarquillée. C'est une couleur qui souvent s'exclame, foisonnante, jaillit, ébouriffante, mais n'en murmure pas moins des temps ou des pauses.... Les deux niveaux d'intelligibilité et de visibilité que constituent le fourmillement de plissures à même la toile, d'une part, et la couche de peinture qui s'y applique, d'autre part, questionnent singulièrement l'évidence par laquelle on entend ordinairement la « surface » en peinture. La première couche visible - la composition peinte - est comme neutralisée par la seconde, plus secrète - les plis de la toile - ce qui produit comme un redoublement de la part aléatoire inhérente à la peinture et la recule non seulement au niveau de la toile même, mais dans l'architecture de ce qui fait tableau, jusqu'au point où toile et châssis s'unissent.

Neutralisation de la peinture par les aléas de la toile : lorsque l'abstraction fait retour sur elle-même, là est la posture critique du peintre face au caractère fétiche, spectaculaire et immuable du tableau. »

Morad Montazami, historien d'art et commissaire d'exposition

Extrait de Le rideau et l'enclos, peinture de Pascale Nectoux

Photo de Pascal Nectoux, alias Pax

Photo Didier Mathieu